Agroécologie : Manger bio, c’est possible

Manger bio, c’est possible
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Pour faciliter l’accès à ces produits agricoles naturels, producteurs, vendeurs et consommateurs se sont réunis au sein du RESAPAC.

Objectif : faire en sorte que les producteurs soient directement en contact avec les clients pour éviter les spéculations.

Il est 11 heures, le soleil s’est levé, laissant place à un ciel brillant. La porte de la villa de LEA est ouverte pour la vente de condiments au marché «Sugu Horon», sis à l’Hippodrome en Commune III du District de Bamako.

Mariam, vendeuse et transformatrice, se tient débout devant une table sur laquelle sont étalés bouteilles et sachets remplis de produits transformés. En face d’elle, de grands paniers de tomates, de papayes, de salade, d’oignons… meublent le décor.

Les producteurs de ces légumes sont organisés au sein d’un réseau appelé Réseau solidaire en agroécologie paysanne citoyenne (RESAPAC). Ils sont regroupés en trois catégories d’acteurs, à savoir les producteurs agroécologiques, les transformateurs des produits agroécologiques et les consommateurs.

Ce réseautage, qui crée un cercle vertueux, est la formule trouvée par eux pour promouvoir l’agroécologie. Selon la chargée de communication du RESAPAC, cette solidarité est la meilleure façon de faire la promotion de l’agroécologie pour que tout le monde s’engage à participer à cette synergie pour son bon fonctionnement. «Acheter dans les supérettes, des produits qui viennent d’Europe n’a pas beaucoup d’avantages pour le Mali», constate Hélène N’Diaye.

Et pour que les produits soient abordables, le Réseau fait en sorte que les producteurs soient directement en contact avec les clients. Les «intermédiaires» sont ainsi donc «court-circuités», pour éviter les spéculations. Sandrine Tembely est la présidente du RESAPAC. En cette matinée, elle fait le tour des étals, échange avec les vendeurs pour s’assurer que tout est en bon ordre. Elle vérifie si tous les légumes sont sur place.

L’ambition du réseau, selon sa présidente, est de créer des marchés partout à Bamako. Et ce n’est pas un vœu pieux. En seulement quatre années, le RESAPAC a réalisé cinq marchés où des producteurs vendent en direct. Ces marchés, situés notamment à Magnambougou, Hippodrome, Baco-Djicoroni, sont ouverts les samedis de 10h à 14h. Le dernier marché est virtuel, car les ventes se font en ligne via WhatsApp.

Le RESAPAC est un réseau ouvert à tous les producteurs agroécologiques. Mais il faut répondre à des critères précis. «Pour être sûr que c’est de l’agroécologie, nous avons une équipe d’agronomes, des experts en la matière, qui évaluent les producteurs qui souhaitent devenir membres du RESAPAC», explique Sandrine Tembely.

Ils se rendent sur le terrain pour contrôler la qualité des produits, en vérifiant notamment la présence des pesticides et des engrais dans les plantes. Et s’il s’avère que les produits du «candidat» ne répondent pas aux normes, l’accès au réseau lui est refusé et les experts lui prodiguent alors des conseils. Récemment, le RESAPAC a «validé son 38ème producteur».

ÉVITER DE TOMBER MALADE – Sandrine Tembely le concède : Tout ce qui est «bio» coûte cher. Mais, argumente-t-elle, «manger des produits bio évite de tomber malade et de dépenser dans les médicaments». Et d’ajouter que les «produits bio sont des produits de saison et leurs prix ne changent pas parce qu’il y a une fête quelconque». Pour elle, un légume qui contient de l’engrais n’a «pas de goût et on est ainsi obligé d’utiliser beaucoup de cube Maggy».

Abdoulaye Coulibaly est un «producteur bio» du village de Fanafié Koro dans la zone de Kambila. Depuis plusieurs années, il produit des poivrons de la basilique, de la patate, des carottes, des mâches, des papayes et des citrons.

«Je voudrais que cette activité se développe plus, car c’est une activité rentable mais qui demande beaucoup d’efforts», confie-t-il. Son souhait est que les autorités appuient tous les cultivateurs agroécologiques afin d’inciter au respect de la biodiversité et favoriser le retour aux cultures ancestrales. Un mardi du mois de décembre.

Fatoumata M. SIDIBÉ

Source : l’Essor

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